Réalisation d’une séquence en motion design pour le moyen métrage Dovade réalisé par Thomas Planus et Hugo Reuter. Produit par Enéide Production, Sandman production et Thomas Planus, 2026.
Dovade
Le film s’ouvre sur la disparition d’Alexandre, un nouvel artiste en vogue, alors qu’il s’apprêtait à présenter sa dernière exposition. En lieu et place de l’événement, on découvre une œuvre glauque qui sème le doute sur son absence. Au fil du récit, les relations tendues se dévoilent entre son frère Romain, policier, et le galeriste Thomas, un personnage avare et manipulateur.
L’intrigue nous plonge au cœur des manipulations et des ambitions des différents protagonistes. Chacun dissimule sa véritable nature au sein d’une ambiance sombre, progressant pas à pas vers une vérité où tout le monde manipule tout le monde dans son propre intérêt.
Les réalisateurs ont fait appel à moi afin de traduire en animation la complexité psychologique des trois personnages et l’entremêlement de leurs enjeux.
Ce conte animé intervient au milieu du récit dans la salle de chasse d’un manoir imposant, narré par la gouvernante au galeriste pour qui elle travaille.
Elle y raconte l’histoire de trois chasseurs très habiles qui entendent parler d’un cerf mystérieux que personne n’a pu approcher.
Les silhouettes en papier des chasseurs font écho aux trois personnages principaux du film :
- Alexandre est complètement obsédé par le cerf.
- Thomas en profite et semble guider le groupe à sa poursuite.
- Romain, plus en retrait, tente de raisonner son frère.
L’animal illustre l’idée de double et de mensonge, les personnages cachent leurs secrets et se laissent attirer par un leurre une illusion qui les mènera à leur perte. Ce conte résonne ainsi comme une leçon et une mise en garde de la gouvernante à son employeur.
Je me suis inspiré des techniques du papier découpé pour évoquer l’esthétique traditionnelle du conte. Visuellement, l’animation évolue d’une atmosphère d’abord lumineuse pour s’enfoncer progressivement vers une obscurité totale, jusqu’à un noir et blanc brut. Le papier découpé me permet de créer des formes très graphiques afin d’accentuer un effet de perdition : la forêt finit par ne devenir qu’une ombre étouffante où les personnages se confondent avec les décors, avant de disparaître complètement lorsqu’ils traversent le pont, un lieu clé du récit.
Les personnages se retrouvent alors plongés dans une obscurité totale, au sein de laquelle les pleins et les vides s’inversent. Ce procédé visuel traduit graphiquement l’idée que les apparences sont trompeuses, et que ce après quoi ils couraient n’était au final qu’une ombre issue de leur propre imagination.